Si les ventes de vins de Bordeaux ont repris leur croissance à l’export, l’interprofession veut aller plus loin et travaille à une nouvelle marque destinée aux nouveaux consommateurs. Une partie de la vendange sera mise en réserve pour soutenir les cours.
Malgré un millésime 2011 qui s’annonce « singulier » en raison d’une météo erratique, les responsables du Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB) retrouvent le sourire. « Nous avons récupéré en 2010 la moitié des volumes perdus à l’export et la progression se poursuit », se félicite Georges Haushalter, le président du CIVB qui note sur un an une croissance de 23 % des volumes vendus à l’étranger. Une embellie due pour moitié à la Chine et Hong Kong et portée aux deux tiers par des vins expédiés à moins de 4,50 euros la bouteille. Et c’est encore mieux en valeur, puisque le chiffre d’affaires à l’export a bondi de 34 % et retrouve à peu près son niveau de 2008 à 1,75 milliard d’euros.
Si les exportations retrouvent des couleurs, nombre des 8.000 propriétés viticoles de l’appellation sont toujours en difficulté. Ne serait-ce que parce que l’Hexagone, qui absorbe près de la moitié du vin produit en Gironde, consomme de moins en moins (encore - 2 % l’an dernier). En valeur les choses vont cependant un peu mieux. Les ventes en grande distribution ont progressé de 4 % à 903 millions d’euros. Le CIVB, qui réunit les différentes familles professionnelles du secteur, viticulteurs, courtiers et négociants, est toutefois loin d’avoir atteint les objectifs de son plan « Bordeaux demain ». Ce dernier fixe l’ambition d’atteindre les 6,3 millions d’hectolitres de ventes dans cinq à huit ans (à peine 5,5 millions aujourd’hui) pour un chiffre d’affaires de 4,6 milliards d’euros (contre 3,5 milliards).
Le retour du « Claret »
Le CIVB, avec un budget marketing de 17 millions d’euros, va désormais concentrer ses efforts sur 7 pays prioritaires (Allemagne, Belgique, Chine, France, Japon, Royaume-Uni, Etats-Unis). L’organisme veut aussi enrichir l’offre des vins de Bordeaux avec une nouvelle marque, le « Claret ». Un nom déjà bien connu des Britanniques, qui dès le XVIII e siècle appelaient ainsi le vin rouge de Bordeaux, et dont le CIVB a toujours gardé la propriété. « Un vin facile à boire, léger, fruité, peu tannique et destiné à séduire les nouveaux consommateurs », explique Georges Haushalter. Si l’on sait qu’il bénéficiera de l’appellation Bordeaux et d’un lancement commercial sur le millésime 2012, « le concept reste à affiner tant sur le plan marketing, technique que réglementaire », reconnaît Carole Demolis, responsable marketing pour l’Europe.
Dans l’immédiat, il s’agit d’éviter un nouvel effondrement des cours. Car la vendange s’annonce abondante. Le CIVB a pris la décision, acceptée par le gouvernement après de longues tractations, de mettre en réserve une partie de la récolte 2011. Une obligation, modulée selon les appellations et le niveau des stocks, mais qui obligera les vignerons à garder une partie de leur production dans les chais sans pouvoir les commercialiser.
FRANK NIEDERCORN, Les Echos, Source : Les Echos
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